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 TCHERNOBYL VINGT ANS APRES, LA VERITE SUITE 2

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MessageSujet: TCHERNOBYL VINGT ANS APRES, LA VERITE SUITE 2   Mer 12 Avr - 9:45

TCHERNOBYL VINGT ANS APRES, [SUITE 2]

La santé des liquidateurs
Les liquidateurs sont les hommes et les femmes qui ont participé à la lutte contre l'incendie ayant suivi l'explosion et à l'ensevelissement du réacteur en fusion avec du sable, du plomb et autres produits. Mais ce sont aussi ceux qui ont participé au nettoyage de la zone (ils ne pouvaient rester qu'une minute) puis ceux qui ont construit le sarcophage. Et plus généralement tous ceux qui ont travaillé dans la zone interdite en 1986 et 1987. D'après le ministère des Situations d'Urgence (qui gère la zone interdite), il y aurait entre 260 000 et 308 000 liquidateurs ukrainiens. Sur ce total (qui varie d'un interlocuteur à l'autre), 65 000 personnes ont été reconnues « invalides », c'est-à-dire plus ou moins malades et recevant une pension d'invalidité. Nul n'est capable en Ukraine de dire combien de ces malades verront leur existence écourtée prématurément par la maladie.



Pour ce qui concerne le nombre des liquidateurs venus à l'époque de toute l'Union soviétique, les chiffres sont encore plus imprécis. Pour plusieurs raisons :
• Il y avait des militaires, appelés ou professionnels, en nombre inconnu.
• Les liquidateurs sont venus de toutes les républiques de l'Union soviétique, y compris les plus lointaines comme la Bouriatie ou le Tadjikistan.
• L'éclatement de l'URSS en 1991 a compliqué la situation, chaque république travaillant (ou non) sur ses propres statistiques.
• Personne n'avait vraiment intérêt à ce que le chiffre global soit connu, ne serait-ce que pour de sordides questions de pension ou d'indemnisation.
• Les causes de la mort de ces liquidateurs repartis dans leurs républiques sans laisser de traces dans des fichiers, ne sont que rarement liées à leur présence à Tchernobyl pendant quelques semaines ou quelques mois.
• De nombreux liquidateurs n'étaient ni vraiment informés ni conscients des dangers qu'ils couraient et ne font pas toujours un lien entre les affections dont ils sont victimes et le travail qu'ils ont fait par réel patriotisme. A ce sujet il faut fortement relativiser le caractère de « travail forcé » de leurs interventions tel qu'il a été souvent présenté en Europe occidentale. Car cela reviendrait à sous-estimer la « foi communiste » et/ou la foi patriotique qui ont souvent été celles des liquidateurs se portant volontaires et leur croyance que leur courage suffirait à leur éviter le pire. L'auteur de ces lignes a connu quatre liquidateurs, des ingénieurs de l'atome, persuadés qu'ils ne couraient pas vraiment de gros risques. Ils sont morts tous les quatre prématurément, le dernier en 1999.
Selon les sources auxquelles on s'adresse, selon les recoupements plus ou moins aléatoires qui ont été faits par la suite, le nombre des liquidateurs varient de 700 000 à plus d'un million. Sans compter ceux qui travaillent encore dans la zone contaminée : entre 4000 et 6000, en comptant les militaires qui gardent la zone interdite et participent au fonctionnement de la ville de Tchernobyl.
Combien de morts ?
Au mois de septembre dernier, dans un communiqué présentant un volumineux rapport sur Tchernobyl, l'Agence Internationale pour l'Energie Atomique (AIEA) de Vienne, a évoqué le chiffre de 4000 morts décédés ou promis au décès pour cause d'irradiation. Un chiffre approuvé par certains médecins (les plus vieux, les plus anciens formés sous l'Union soviétique) du Centre de Médecine radiologique de Kiev alors que les plus jeunes médecins de ce centre le jugent largement sous-évalué. Pour ce qui est de l'IRSN (organisme ayant succédé à l'IPSN), la prudence est de mise. Cet organisme français qui travaille beaucoup dans la région, en liaison avec les Ukrainiens et avec les Allemands ne se prononce pas officiellement. Simplement ses scientifiques signalent que s'ils ont travaillé à la mise au point du rapport, ils ne sont en aucun cas solidaires (ni responsables) du communiqué rassurant publié par l'AIEA. Pour Greenpeace, très présent dans la région, le chiffre minimal sera de 9000 morts dans les habitants des zones évacuées et proches.

Pour toute l'Europe, rien que pour les cancers l'excès de mortalité serait compris entre 30 000 et 60 000. Le chiffre le plus plausible, pour la population et les liquidateurs, se situe autour de 20 000 morts. Mais, d'une part, la vérité ne sera jamais connue puisque des centaines de milliers de liquidateurs sont inconnus et d'autre part, ce n'est pas faire injure à l'AIEA que de penser que cet organisme n'a pas vraiment intérêt à plomber le présent et l'avenir du nucléaire civil. Malgré leur désir de transparence et leurs efforts scientifiques indéniables, le même soupçon –globalement- peut en partie s'appliquer à l'IRSN. C'était du moins l'impression dominante des journalistes qui ont récemment visité avec eux la zone de Tchernobyl.
Qu'est devenue la ville de Pripiat
Cette ville de 50 000 habitants où vivaient les travailleurs de la centrale et leurs familles, est toujours déserte et contaminée. Elle le restera encore quelques milliers d'années. Les bâtiments officiels et les immeubles d'habitation sont toujours debout, mais les arbres envahissent peu à peu les rues. En pénétrant dans cette « Pompéi » du XX e siècle, on éprouve toujours le même sentiment d'angoisse. C'est dans ce silence tant de fois raconté et décrit que le nucléaire prend toute sa dimension tragique.
Pour ce qui concerne la ville de Tchernobyl, elle n'est plus fréquentée que par quelques personnes âgées, par les militaires et par le personnel travaillant dans et pour la centrale. Une ville qui comptait autrefois 15 000 habitants et qui est aujourd'hui une ville sans enfants. Les salariés alternent leur résidence entre cette ville et la ville nouvelle de Slavutish qui a été construite à 70 kilomètres, de l'autre côté du Dniepr. Une ville gagnée par le chômage à la suite de la fermeture des réacteurs un, deux et trois. Le maire de cette cité, tout comme le ministre des Situations d'Urgence regrette d'ailleurs que la communauté internationale ait obtenu la fermeture définitive de Tchernobyl.
Végétation
Les seules atteintes liées aux radiations concernent les pins poussés depuis l'accident : troncs se divisant en deux ou en trois alors que les pins de la région plantés antérieurement possèdent un tronc rectiligne. Les pins de quelques années, c'est-à-dire encore sous forme d'arbuste ou de buissons, portent une quantité évoluant entre 20 et 80, d'aiguilles totalement jaunes. Ceci est particulièrement net et fréquent dans la zone de la « forêt rousse », c'est-à-dire la forêt qui avait été brûlée par le nuage radioactif. Ces pins ont été coupés et enterrés sur place. A la place des forêts qui ont été en partie ou totalement dévastées, des arbres repoussent, ce qui entraîne l'existence de zones qui seront plus diversifiées du point de vue des essences, les pins laissant en partie la place à des bouleaux, des chênes, des tilleuls et différentes variétés de saules. Dans les espaces qui devaient être occupés par des jardins, on note la présence de pommiers et de pruniers sauvages en assez grand nombre.
La vie naturelle
Peu à peu, avec le retour des loups et des ours, le renforcement de la population de castors, de chats sauvages, de lynx et d'oiseaux, l'introduction de chevaux de Prézvalski et de bisons pour que la forêt ne gagne pas peu à peu toute la zone et donc pour que le milieu reste en partie ouvert, la zone interdite devient un fantastique espace naturel. Les naturalistes ukrainiens parlent d'une « explosion de vie, une fois les hommes partis ».

Plus de chasseurs, plus d'agriculture, peu de braconniers, la vie sauvage a repris tous ses droits. Le ministère de l'environnement ukrainien envisage d'y instaurer, comme dans le sud de la Biélorussie, une réserve naturelle placée, à terme, sous la protection de l'UNESCO.
Sarcophage
Les trois caractéristiques du sarcophage qui recouvre le bâtiment du réacteur détruit :
• Il fuit de plus en plus par un certain nombre de fissures que les techniciens s'épuisent à colmater.
• On ne sait pas vraiment, malgré des caméras et de robots, ce qui se passe dans le cœur fondu du réacteur ni quelle est la quantité de matières dangereuses qu'il contient encore.
• Ce sarcophage n'est pas solide, mais nul n'est capable de lui donner une espérance de vie : il peut aussi bien s'écrouler demain matin que dans une trentaine d'années.
Depuis des années, c'est-à-dire depuis 1992, il est question de construire un nouveau sarcophage de confinement pour régler définitivement la question des fuites et de la fragilité de l'enceinte de béton actuelle : avec concours international et étude de faisabilité financée par la Commission européenne. La lenteur a caractérisé la résolution de cette urgence. En 2004, un appel d'offres a été lancé pour « la conception, construction et mise en service d'une nouvelle enceinte de confinement ». Les entreprises françaises VINCI Construction Grand Projet et Bouygues Travaux publics ont constitué à 50/50 ce que l'on appelle une Joint Venture (NOVARKA) associée à quelques entreprises allemandes et ukrainiennes pour répondre à l'appel d'offre. NOVARKA fait partie de deux « finalistes » et les discussions actuelles (le gouvernement ukrainien étant théoriquement le décideur final) portent sur les questions financières, NOVARKA ayant soumis un projet de 505 118 812 dollars pour un ouvrage qui comportera notamment une charpente métallique de 20 000 tonnes (257 mètres de portée, 105 mètres de haut et 150 mètres de longueur couverte) et 23 000 mètres cubes de béton.
La décision, c'est-à-dire le choix entre les deux appels d'offre retenues, devait être prise pour le 20 eme anniversaire de l'accident mais des « difficultés » techniques (entendez d'âpres discussion sur le nombre de bénéficiaires du versement d'un certain nombre de pots de vins) ont retardé le choix des autorités techniques ukrainiennes.
Elections
La question de Tchernobyl a été pratiquement ignorée par tous les partis politiques pendant la campagne électorale qui a mené aux élections du 26 mars dernier.
Une exposition de Greenpeace (communiqué)
Tchernobyl, ce n'est pas seulement l'affaire de l'Ukraine. Nous sommes tous concernés. Car les erreurs du passé, entraînant des conséquences dramatiques pour l'homme et l'environnement, peuvent se répéter chez nous aussi.

A l'occasion du 20 ème anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, Greenpeace organise une exposition qui circulera dans différents pays dont l'Ukraine et la Russie, mais aussi l'Italie, la Grèce, la Belgique et la France. Les photos exposées, prises en 2005 par le photographe Robert Knoth, donnent un visage au drame que vivent aujourd'hui encore les victimes.
En Belgique : du 22 avril au 2 mai, au café Fiennes à Bruxelles
En France : du 18 avril au 10 mai à la mairie du III ème arrondissement de Paris.
Pour en savoir plus : www.greenpeace.be et www.greenpeace.fr

Des livres sur Tchernobyl, 20 après
LES DEUX MEILLEURS :
• Tchernobyl, retour sur un désastre (Galia Ackerman, Buchet-Chastel, 160 pages, 14 euros
• Atomic Park (Tchernobyl mais aussi toute une enquête sur le nucléaire), (Jean-Philippe Desbordes, Actes Sud, 520 pages, 21 euros
LES AUTRES (pas mauvais non plus)
• Les silences de Tchernobyl (Guillaume Grandazzi, Galia Ackerman, ed Autrement, 300 pages, 19 euros). C'est une ré-édition augmentée et corrigée.
• Le crime de Tchernobyl (Wladimir Tcherkoff, Actes Sud, 700 PAGES, 24 euros)
• Youri I. Bandazhevsky , journal de prison (la vie du chercheur biélorusse persécuté), Jean-Claude Gawsewitch.
• Et toujours : La supplication, Tchernobyl, chronique du monde après l'apocalypse de Svetlana Alexievitch (paru en 1996 chez Jean-Claude Lattés)
Sur l'action de l'IRSN :
Consulter le rapport « Conclusions de l'initiative Franco-Allemande (IFA) pour Tchernobyl »
Contact presse : Pascale Portes, tél. :01 58 35 70 33
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http://actu-aux-poetes.forumactif.fr
 
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