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 "Pas de chance" - Est une courte nouvelle.

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ELPP
Invité



MessageSujet: "Pas de chance" - Est une courte nouvelle.   Ven 6 Nov - 10:08

Courte nouvelle



Dans la ligne de Mire





« Pas de chance, je n’ai pas de chance !… »















Je vous relate un petit épisode de la vie de Madame Cechan, une dame dont la physionomie est sans âge, d’une élégance classique, de celles qui n’ont jamais eu de mode, non pas par manque de moyens mais simplement par choix de vie.



Ce jour là, madame Cechan avait rendez-vous, comme de nombreuses fois dans l’année, avec son destin.

Enfin, son destin était en son esprit un bien grand mot car elle s’était programmée une rencontre avec la dame, celle qui soulageait par l’écoute, les âmes en difficulté ou en détresse, celle qui savait prodiguer des sourires, de la compréhension et qui disait tant de prières si sincères pour l’intercession à sa personne.



C’est ainsi que Madame Cechan définissait les qualités de la dame qu’elle s’apprêtait à rencontrer.



Elle connaissait sa confidente depuis déjà quelques années, avant que son mari ne décède. Mais, depuis ce douloureux événement, il est vrai que les rencontres étaient un peu plus fréquentes, d’autant qu’elle n’acceptait pas le départ de son époux qui pour elle, l’avait abandonnée à sa destinée.

Bien-sûr, il avait tant souffert de cette longue maladie de laquelle il n’avait, selon elle, pas bien fait effort pour s’en sortir ; ainsi le pensait Madame Cechan.



Madame Cechan était un esprit éternellement tourmenté, tourné sur elle-même, pleine de petites et grandes habitudes desquelles elle ne voulait pas déroger, comme celle de prendre à moment précis, sa petite pastille ou un bonbon acidulé.



Comme elle allait s’absenter de son domicile, elle fit le tour de sa maisonnée deux à trois fois, vérifiant les fermetures, la place des objets, s’inquiétant de l’état de propreté tout en prenant son coutumier bonbon acidulé qu’elle suçait avec satisfaction commune au constat de son état des lieux.



Voilà, l’heure du départ avait sonnée, il était temps de monter dans son auto, plutôt celle de son défunt mari, et cela lui coûtait amplement de s’asseoir, de s’installer dans la voiture de celui qui l’avait abandonnée.

Mais, était-ce raisonnable de céder ce véhicule de qualité pour un autre qui ne lui conviendrait peut-être pas !

Telles étaient les éternelles questions et dilemmes que se posaient Madame Cechan !

Et puis, même si elle désirait ardemment de se détacher de l’emprise d’habitudes qui l’attachaient encore à son mari , elle n’y parvenait pas.

C’était inscrit dans le dictionnaire bien agrémenté de ses très nombreux tocs.



C’était parti, pour environ 2 heures de route, Madame Cechan était prudente, c’était pour elle une juste raison de s’absenter à heure raisonnable de son domicile pour parcourir quatre vingt kilomètres.



Partie aussi dans le grand tourbillon de ses pensées, de ses rancœurs, en harmonie avec le ronronnement de son moteur, et de se dire, que vais-je offrir cette fois-ci à la dame ?

Cette dame pour laquelle elle avait grande estime ; pour preuves, elle lui avait offert plusieurs bijoux qui avaient appartenu à la famille de son mari, c’était pour elle un gage de sa reconnaissance, de l’estime qu’elle portait à la dame, hors l’aspect assez trouble de sa personnalité, celui qu’elle ne voulait pas garder ces bijoux mais ne s’en serait pas séparés pour autant, n’importe comment, cela est sur !



Ces bijoux avaient pour certains une histoire, cela tourmentait bien depuis des années, Madame Cechan qui se faisait des scénarios et des films dans sa tête, faute d’explications concrètes de son mari ; elle savait que certains de ces bijoux avaient appartenus à la défunte femme dont son mari lui parlait assez souvent.

Cette femme qui avait quitté la vie de la même maladie que son défunt mari.

C’est justement cette part de mystère qui tracassait tant Madame Cechan !

Qui son mari avait-il vraiment aimé ? Voire davantage aimé !



Madame Cechan roulait maintenant depuis une heure, elle avait déjà bien roulé pour avoir parcouru 70 kilomètres, elle atteignait maintenant le tronçon d’autoroute qui lui assurerait une plus sereine conduite.

Alors qu’elle avançait à vitesse raisonnable, arrivant en vue de la grande ville qu’elle devait traverser en partie pour se rendre à sa destination, elle repartait dans ses pensées, qu’elle avait largement le temps de s’arrêter dans le centre ville pour prendre le présent qu’elle avait réservé par téléphone, dans la boutique où elle s’était habituée à se rendre depuis la disparition de son mari.

C’est lui, son mari, qui lui avait fait connaître cette enseigne qui était d’un intérêt bien particulier par sa vocation d’arrivages nombreux et fréquents d’objets et de textiles dont le goût général était de qualité.



Encore cette marque d’attachement qui semblait l’encombrer car contradictoire avec sa volonté de s’émanciper !

S’émanciper ne veut pas dire oublier, insistait-elle comme pour s’en convaincre : c’est simplement exister par soi-même, pour soi, sans influences particulières de l’extérieur…

Mais non , ce n’est pas tout à fait exact, dans sa vocation de vie se disait-elle en elle même puisqu’elle vivait bien les avis et conseils des autres, sans toutefois accepter trop d’ingérence dans sa vie.

Elle se rendait justement chez la dame pour recevoir des conseils et du réconfort.



Elle avait quitté l’autoroute, juste un temps d’arrêt pour capter la réalité, se ressaisir et payer son dû, qu’elle repartait déjà dans des pensées plus ou moins saugrenues, plus ou moins utiles, s’interrogeait-elle, prise dans son film aux multiples scénarios composés et décomposés au gré de ses vertiges de la vie qu’elle ne désirait pas vraiment capter.



C’est ainsi que Madame Cechan ne s’était pas aperçue, trop accaparée par son triste destin, comme elle se le disait trop souvent, que doublant un camion et, celui-ci ne la voyant pas, rétroviseur certainement dans un degré d’angle mort, se déboîtait inéluctablement de sa file pour lui aussi, doubler un cyclomoteur.

Madame Cechan, paniquée, dirigeait de plus en plus son véhicule sur l’autre côté de la chaussée pour ne pas être touché par le camion qui ne s’était toujours pas rendu compte de la situation où peut-être qu’engagé, il ne pouvait plus lui-même se rabattre, faute d’endommager le cyclomotoriste.



Peut importe la question existentielle du moment, le véhicule de Madame Cechan allait se croiser avec un autre camion arrivant sur la chaussée d’en face.

Adieu la vie se dit-elle quand le choc lui parvint comme inévitable, des bruits des bousculades et puis plus rien, plus de bobine dans son dernier scénario.



Si Madame Cechan était à cours de bobine, elle n’était plus à court de salive ou de papier pour raconter et écrire à toutes ses rencontres et relations, l’immense chance, la miraculeuse chance dont elle venait de bénéficier, elle qui croyait n’en avoir jamais eu et d’être à vie, frappée de la guigne.

En effet, Madame Cechan était une rescapée spectaculaire, « la prise en sandwich » de son véhicule n’avait été que relative car les deux camions avaient réussi qu’à n’effleurer son auto qui en fût pratiquement stoppée après quelques petits chocs et zigzag et un « demi-tête à queue » assez impressionnant comme lui en avait rapporté le chauffeur du camion qui l’avait gentiment visité à l’hôpital où elle était restée quelques jours, victime de petites commotions sans conséquences.



Et voilà que Madame Cechan ne se posait plus mille et une questions, comme métamorphosée, car elle était convaincue que sa vie s’était trouvée protégée de par une grâce divine et que c’était la main de son mari qui l’avait sauvée de cette catastrophe.



Et, pour reprendre le fil de sa personnalité, dont la réalité bien ancrée, revenait malgré elle au galop, et de s’interroger, dans un nouveau registre, ainsi, d’affirmer maintenant, que son mari lui avait fait une très grande grâce d’amour, en guidant ce volant fou et la sauvant, pour lui donner enfin la soif de vivre pour l’amour d’être.



Plein de projets trottinaient dans sa tête, certains pour servir dans une association, un mouvement pour aider les autres.

Elle qui avait même oublié de s’aider !



C’est en feuilletant son livre de vie qu’elle venait de constater que des pages intercalaires étaient restées blanches et qu’il fallait maintenant œuvrer et rattraper le retard que le temps semblait vouloir lui accorder, encore !…



C’est la fameuse dame à qui Madame Cechan rendait visite qui me raconta son histoire.

Et, si vous êtes un peu curieux, je vous informerai que Madame Cechan lui rend toujours visite…



ELPP. (octobre 2004)
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anne Oni
Invité



MessageSujet: Re: "Pas de chance" - Est une courte nouvelle.   Ven 6 Nov - 10:35

bonsoir

une nouvelle courte mais tres bien

amitiés

neptunia
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Invité
Invité



MessageSujet: Re: "Pas de chance" - Est une courte nouvelle.   Ven 6 Nov - 12:25

bonsoir cher ami

une nouvelle tres surprenante et j'adore

amitiés

neptunia
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MessageSujet: Re: "Pas de chance" - Est une courte nouvelle.   Sam 7 Nov - 6:57

C'est la première fois que je publie sur le Net, une nouvelle qui d'ailleurs en la relisant mérite d'être retravaillée !

Merci de l'avoir partagée.

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MessageSujet: Re: "Pas de chance" - Est une courte nouvelle.   

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