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 Hommage à une Poétesse disparue. (1951-1985) Ghislaine Amon.

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MessageSujet: Hommage à une Poétesse disparue. (1951-1985) Ghislaine Amon.   Mer 25 Oct - 14:40

Et parce que la souffrance

de Raphaële George



Et parce que la souffrance est une force,

la nuit de l'attente mène à la sagesse.



Qui peut être plus homme que l'homme lui-même?



L'exigence du constat se mue en prière.



Désir puissant d'être profond,

d'être l'Être.



La profondeur ne se gagne pas, elle n'a pas de

profondeur, on ne la cerne pas en la plaçant devant

soi,

comme quelque chose à atteindre.



« Je suis demeurée dans le péché d'être », s'exclame Raphaële George, qui n'a cessé de chercher, avec une passion d'écorchée, l'envers des choses de la vie courante, ce qu'elle nomme « l'Être restitué ». Pierre Bettencourt reconnaît en Raphaële George une « très noble et très haute voix, écrite plus qu'avec des mots, avec la chair vibrante et meurtrie qui la porte ». En effet, les poèmes d'Éloge de la fatigue constituent bien un texte « de mystique sans Nom, qui ne s'appuie pas sur une Foi, mais parvient au plus profond dénuement et du fond de sa lassitude appréhende une absence qui, par elle, devient révélatrice ».

Certes, à l'approche de la mort, Raphaële George (Ghislaine Amon), née à Paris en 1951, décédée en 1985 des suites d'un cancer, devient, en quelque sorte, une éveillée « retrouvant toute sa quiétude originelle, / cette sorte de silence et qui pourtant n'est pas l'inerte mais l'Accompli. » .


Infirmité de l'homme
qui ne connaît de sa mort
que la crainte de ne pas s'éveiller

Existe-t-il cet autre
qui ne nous reproche jamais d'être ?
Est-il l'épure de soi-même
au point de croire que jamais
nous ne saurions le perdre ?

En perdant l'amour de mon amour
je ne suis plus qu'une enveloppe vide
que plus rien ne traverse.
Or je vieillis
et plus je le sais
mieux nous nous séparons

Pourtant, qui ne connaît pas
cette beauté triste, très tôt ?
Cet appel du désir,
instant de grâce
où l'on se croit puissant
assez pour éviter la peur ?

Ce moment où je n'ai pas encore
posé le pied par terre.

Cette nuit que le jour garde en nous comme une peine
qu'on aurait tant voulu éviter
parce qu'à l'heure du coucher rien n'est pardonné
souvenirs de nos actes honteux
de quelque amour anémié...

Alors, imaginons le Paradis
Nous voyons un homme, une femme
seuls l'un en face de l'autre
sans fatigue jamais,
sans désir non plus.

S'ils n'avaient pas rompu cette harmonie de l'inconscience
jamais nous n'aurions connu la fatigue.

Dans cet état fusionnel où l'esprit flotte
- L'esprit va hors de nous pour nous voir dans nos limites-

Nous mettons à bas la peur
et tout redevient juste.


Extraits de : Eloge de la fatigue, précédé de Les nuits échangées.
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