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 QUINQUAS - CLEMENCEAU = MÊME NAUVRAGE !!!...

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MessageSujet: QUINQUAS - CLEMENCEAU = MÊME NAUVRAGE !!!...   Sam 18 Fév - 6:18

Cet article, (non touché), provenant de Planet-Senior, me fait penser à une métaphore actuelle avec le Clémenceau, du même âge que les Nauvragés dont on ne veut pas prendre en considération !...



Emploi Retraite > Emploi > Quand le patron des chômeurs parle…

Quand l’homme chargé d’indemniser deux millions de demandeurs d’emploi se "lâche", ça fait mal. Exemple : le scandale des "DRE", ces quatre cent six mille allocataires quinquas rayés des listes de l’ANPE. "Tout le monde s’en fout, dit-il. Et pour cause. Si on les réintégrait, le chômage grimperait de deux points !"


Hors du médiatiquement correct

On peut reprocher beaucoup de choses à Jean-Pierre Revoil - ses adversaires ne s’en privent pas - mais sûrement pas de mâcher ses mots. Si les seniors demandeurs d’emploi cherchent un avocat, mieux placé que quiconque pour évoquer leurs problèmes, ils l’ont trouvé. C’est lui…

L’actuel directeur général de l’Unedic, responsable du fonctionnement des six cent cinquante Assedic qui gèrent l’assurance chômage en France, n’est pas n’importe qui. Il a quatorze mille cinq cents agents sous ses ordres, se dépatouille avec un déficit de plus de treize milliards d’euros, indemnise deux millions d’allocataires et finance même - en plus ! - trois mille six cent cinquante agents de l’ANPE. "Ce qui est, dit-il, parfaitement anormal…"

Il trouve non moins bizarre - et unique en Europe - que deux organismes, l’Agence pour l’emploi et les Assedic, s’occupent en France des "mêmes individus"… "Si un extraterrestre débarquait chez nous, il n’y comprendrait rien. D’ailleurs, ajoute-t-il, les chômeurs n’y comprennent rien non plus !" Rires discrets dans la salle. La majorité de quinquas rassemblés l’autre mardi, chez Claude, un calme bar à vins de la rue Saint-Honoré à Paris, n’en croyaient pas leurs oreilles.

Venu parler de l’assurance chômage, Jean-Pierre Revoil y était l’invité de "Politique Autrement", un club de réflexion qui reçoit les personnalités les plus diverses pour se faire une opinion sur la marche du monde, hors des clivages politiques et du "médiatiquement correct". Ce soir-là, les adhérents présents n’ont pas été déçus… Car, s'exprimer ainsi le jour même où les agents des deux organismes font grève pour protester contre leur rapprochement passera aux yeux de certains pour de la provocation. Jean-Pierre Revoil n’en a cure.


Une indemnisation "progressive"

Les intermittents du spectacle le vouent aux gémonies. Les syndicats vilipendent ses positions sur "l’accompagnement" des chômeurs. Mais, impavide, il continue à mettre les points sur les "i" du verbe licencier, sans se préoccuper outre mesure du "qu'en-dira-t-on". "On peut me virer, dit-il en souriant, je suis arrivé à l’âge de la retraite. Et j’ai déjà le nombre de trimestres pour la prendre…"

Cheveux blancs, costume gris et chemise sans cravate, le patron exécutif de l’Unedic, la soixantaine décontractée, tient à préciser qu’il appartient à cette catégorie de salariés qui payent une cotisation chômage pour le roi de Prusse. Puisqu’il n’en profiterait pas en cas de licenciement… Voilà encore dénoncée une des "bizarreries" du dispositif qu’il est chargé de faire tourner. Mais dont il n’approuve pas pour autant les incohérences.

Quand les "politiques" lui demandent son avis, il n’hésite pas à mettre les pieds dans le plat. Au moment où tout le monde - ou presque - prônait une indemnisation dégressive pour les chômeurs, lui se déclarait favorable à une indemnisation "progressive" ! Il explique : "Un allocataire qui arrive au bout du rouleau, de plus en plus éloigné de l’emploi et en proie aux pires difficultés, a davantage besoin d’argent qu’un salarié qui vient d’être licencié et dispose encore de beaucoup d’espoirs ajoutés à quelques économies". Ce qui est, hélas, parfaitement observé…

Ce "parler vrai", très à rebrousse-poil de l’image qu’on se fait généralement du haut fonctionnaire, amateur de litotes et d’ellipses feutrées dès qu’il parle de sa "boutique", Jean-Pierre Revoil en joue avec la même maestria que son homonyme, compositeur pour flûte et hautbois. Une façon de dire qu’il connaît la musique et qu’il n’a pas peur de faire grincer les dents en même temps que les violons.


Radier : simple comme bonjour

La fraude aux Assedic dont l’addition se monterait, selon certains médias, à quatre milliards d’euros ? "De la folie furieuse, répond-il. Les gangs qui fabriquent de vrais chômeurs en leur procurant de faux papiers (le kit est vendu trois cents euros !) existent. Quinze affaires sont actuellement répertoriées. Mais l’escroquerie représente soixante millions d’euros. Pas quatre milliards…"

Jean-Pierre Revoil ne parle pas des petits "pieds nickelés", les allocataires qui "arnaquent" son organisme en "bricolant" leurs déclarations en fin de mois pour gratter quelques sous. "Un sport très français" dit-il. Non. Il évoque une fraude d’une tout autre ampleur, celle des organisations issues du crime organisé qui, pour se changer un peu de l’argent de la drogue, s’intéressent de près à celui distribué aux victimes de licenciements. Comme il y en a de plus en plus, ça fait une grosse cagnotte.

Parlez-nous maintenant du "flicage" des chômeurs, induit par le nouveau dispositif de contrôle des demandeurs d’emploi… Là, on l’attend au tournant. "Avant, répond Jean-Pierre Revoil sans se démonter, il y avait la radiation ou rien. Maintenant, on va mettre en place toute une grille de sanctions, avec deux mois, quatre mois de suppression d’allocation…" Une pénalisation progressive, en quelque sorte, qu’il ne revendique pas. "Sur ce point, ajoute-t-il, je suis à l’aise : les agents Assedic n’ont pas le droit de sanctionner…" C’est en effet la Direction départementale du travail qui s’en charge.

"Cela dit, reprend-il avec un brin de cynisme, si on veut vraiment radier, ce n’est pas difficile. Il suffit de convoquer les chômeurs. Comme un sur trois ne vient pas à la convocation : on le raye des listes…" Simple comme bonjour. Et on divise ainsi le chômage indemnisé par trois.

Les adhérents de "Politique autrement", habitués à des discours moins "rentre-dedans", ne savent plus si c’est du lard ou du cochon.

Le brillant exercice de "parler vrai" s’achève en feu d’artifice sur une dernière salve de questions. Une, particulièrement "gênante", concerne directement les seniors.
C’est le problème des "DRE", ces "dispensés de recherche d’emploi" de plus de cinquante-cinq ans, toujours chômeur et indemnisé comme tel mais rayés des listes de l’ANPE. Donc, mis au rancart d’office sans aucune chance de retrouver une activité.
Quatre cent six mille DRE et 10 % de taux de chômage

Là encore, la réponse du directeur général de l’Unedic ne nous décevra pas !
"C’est un véritable scandale, lance-t-il aussitôt. Et je ne cesse pas de le dire à tous les ministres que je rencontre !" Comme Jean-Pierre Revoil en a croisé beaucoup, des ministres, depuis l’époque lointaine où Raymond Barre le consultait, cela donne une idée de leur extrême surdité sur ce sujet.

"Les DRE sont quatre cent six mille aujourd’hui, reprend-t-il. C’est pourtant un chiffre qui interpelle. Eh bien, tout le monde s’en fout ! L’ANPE ne s’en occupe pas. On les indemnise et point barre !"

Ce qui confine à l’absurde quand le gouvernement claironne partout qu’il veut prolonger le temps de travail et remettre les seniors en activité. Jean-Pierre Revoil est bien d’accord là-dessus. "Le plus grave, ajoute-t-il, c’est qu’on leur inculque que c’est une forme de préretraite. Et quand ils cessent d’être indemnisés, ils tombent dans un vide abyssal…"

Ce "vide abyssal" s’appelle le "trou noir du chômage", dénoncé depuis longtemps par SeniorPlanet.

Pourquoi prolonger un tel "scandale" ? Tout simplement par manque de courage politique… Le directeur général de l’Unedic confirme ce que nous indiquions déjà à l’époque : "Ils sont devenus si nombreux que si on réinjecte les DRE sur les listes de l’ANPE, le taux des sans-travail va prendre deux points…" Le nombre de demandeurs d’emploi en France bondirait alors à son vrai niveau : 12 %. Et monsieur Dominique de Villepin, ou n’importe quel autre Premier ministre, n’aurait plus qu’à aller s’inscrire au… chômage.
Plus d'information sur le Club de réflexion "Politique Autrement".


Gérard Ducret
[06 février 2006]

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